Et si on parlait d’Amour et moi ?

Moi lesbienne ? Non, mais ma femme oui… Voila ce que j’ai envie de rĂ©pondre quand je me pose la question. Jusqu’Ă  mes 33 ans, jamais cette question ne s’Ă©tait posĂ©e. J’ai Ă©tĂ© une petite fille, puis une jeune femme, puis une femme, pour moi, il Ă©tait naturel que je sois attirĂ©e par les garçons. Ma vie amoureuse a toujours Ă©tĂ© des plus banales.

Il est vrai que je n’ai jamais Ă©tĂ© spĂ©cialement fĂ©minine. Le maquillage n’a jamais Ă©tĂ© mon truc. Les talons hauts je les vois comme de instruments de torture. ForcĂ©ment inventĂ©s par un homme. A quiquonque m’en aurait fait la remarque j’aurais tout naturellement rĂ©pondu que moi au moins je ne mens pas sur la marchandise. Rien Ă  voir avec mon orientation sexuelle. C’est vrai non ? Quand une femme se maquille, met des talons, une culotte gainante, un jean effet push up, un wonder bra, des faux cils, des faux ongles, des faux cheveux… Que lui reste-il quand on la dĂ©shabille ? et quand elle se dĂ©maquille ? Avec moi, il n’y a pas de surprise. Je ne dis pas que je ne suis pas un peu complexĂ©e par mes magnifiques dents, ou par mon tour de hanche, mais chacun de mes bourrelets, est un morceau de moi, plus ou moins gros en fonction des annĂ©es, et je ne cache pas sa prĂ©sence. Pareil pour le maquillage… Si j’ai une imperfection sur la peau, vu qu’elle sera encore la demain matin, autant faire avec direct !

J’ai toujours Ă©tĂ© plus ou moins garçon manquĂ©. Mais ici aussi, je pourras rĂ©pondre que ça m’a toujours dĂ©rangĂ©e de devoir veiller a la façon dont je m’assois quand j suis en jupe ou en robe. En plus, j’ai les cuisses qui se touchent, ça fait des frottements et des irritations. Au moins, quand t’es en pantalon, ce genre de problĂšme ne se pose pas.

Pendant mon adolescence, j’ai toujours prĂ©fĂ©rĂ© la compagnie des garçons. Les gars m’ont toujours fait plus rigoler. Je les trouve moins prise de tĂȘte. Ils ont un humour qui correspond assez au mien. C’est pas facile Ă  expliquer. Est-ce que j’ai le droit de dire que les bonnes femmes et leur babillage inintĂ©ressant m’a toujours saoulĂ©e alors que je suis une grande bavarde ? On va dire que oui…

AprĂšs, il est vrai que dans la façon de gĂ©rer mes aventures, mon comportement Ă©tait plus masculin. LĂ  encore, j’avais une rĂ©ponse toute trouvĂ©e. A savoir que de nos jours, l’Ă©galitĂ© homme femme est admise par tous et que je ne vois pas en quoi je devrais faire diffĂ©remment. J’Ă©tais plus consommatrice que romantique et je ne voyais pas en quoi cela devait ĂȘtre un problĂšme.

Vous voyez la situation, ça fait beaucoup d’arguments qui auraient pu me mettre sur la voie avant mes 33 ans. Mais mĂȘme moi, qui les avance j’Ă©tais sceptique…

Un jour, j’ai rencontrĂ© mon futur ex mari. Nous avons vĂ©cu quelques annĂ©es ensemble. De cette union, plus ou moins heureuse, sont issus Tic, Tac et Toc. Et cet homme qui est celui qui me connaissait le mieux m’a demandĂ© un jour si je n’Ă©tais pas lesbienne… J’avais rĂ©pondu que non, que c’Ă©tait une question bizarre mais pourquoi il demandait ça ? Il m’avait expliquĂ© qu’il avait l’impression que je regardais beaucoup les femmes. Moi par contre, je n’avais rien remarquĂ©. Il s’est passĂ© de nombreuses annĂ©es et puis on s’est sĂ©parĂ©. Et lĂ  j’ai pensĂ© que jamais je ne revivrai en couple, que jamais plus je ne vivrai avec un homme. Le statut de cĂ©libataire me convenait parfaitement.

Et puis un soir, j’ai accostĂ© quelqu’un, pour lui proposer de m’occuper de ses cheveux (de ses dreadlocks). Je pensais que c’Ă©tait un homme. En fait c’Ă©tait une femme. Et c’est Ă  partir de ce jour la que j’ai commencĂ© Ă  me poser des questions. Peu de temps aprĂšs, j’ai rencontrĂ© Amour. Et comme son nom l’indique, j’en suis tombĂ©e amoureuse. Depuis ce moment lĂ  que j’ai compris que je n’avais jamais vraiment aimĂ© avant. Cela fait presque un an et demi qu’on s’est rencontrĂ©, et presque autant de temps qu’on ne s’est plus quittĂ©e.

Depuis, je me sens chaque jour plus lesbienne que le jour prĂ©cĂ©dent. Au dĂ©but, ça faisait bizarre. Souvent dans ma tĂȘte cette phrase revenait : « tu te rends compte, t’es avec une femme ? », et mĂȘme pour Amour, c’Ă©tait Ă©trange de se retrouver avec une novice aussi vieille… Quoiqu’il en soit, Ă  l’heure ou je vous parle, je me sens totalement alignĂ©e avec qui je suis. Je me sens profondĂ©ment bien dans mes baskets. Je dois dire que je suis assez fiĂšre de moi. Parce que je suis tombĂ©e amoureuse de quelqu’un, le fait qu’elle soit une femme n’est pas entrĂ© en ligne de compte, au dĂ©but en tout cas. En apprenant Ă  la connaĂźtre et en « comparant » (je sais que c’est pas bien) avec mes relations prĂ©cĂ©dentes, finalement, le fait qu’elle soit une femme compte, beaucoup mĂȘme. Je ne vais pas essayer de comprendre pourquoi je me sens mieux comme ça. Ca m’est Ă©gal.

Je suis aussi particuliĂšrement fiĂšre de mes proches, qui ont accueilli la nouvelle tout naturellement. Je suis quelqu’un de trĂšs honnĂȘte. Le mensonge et la dissimulation ne sont pas dans mes pratiques. J’aurais Ă©tĂ© complĂštement incapable de cacher ce genre d’info. D’ailleurs, personne n’a Ă©tĂ© autant Ă©tonnĂ© que moi. A croire que vraiment, je me voilais la face.

L’effet pervers de tout ça, et mes pauvres collĂšgues le subissent chaque jour, c’est que je suis encore plus fĂ©ministe qu’avant. Il m’arrive trĂšs souvent de dire que les hommes ne servent Ă  rien. J’essaie de faire comprendre Ă  mes collĂšgues, sans essayer de les convertir promis, de ne surtout pas s’encombrer d’un homme (ou d’un boulet comme je le dis des fois krkrkrk)… Evidemment, tous ne sont pas Ă  mettre dans le mĂȘme sac et elles savent que le second, voir le troisiĂšme degrĂ© sont monnaie courante dans mon discours. Mais il m’arrive de m’emporter, pardon.

VoilĂ  pourquoi j’ai Ă©crit cet article, parce que je suis fiĂšre de dire que je suis amoureuse d’une femme. Je suis honorĂ©e que cette femme m’aime. Et ce week-end, c’est la gay pride Ă  Paris donc, pas moyen que je rate ça ! ça tombe bien vous ne trouvez pas ?

Le seul dĂ©tail qui me fait souvent sourire, c’est que je me suis toujours Ă©vertuĂ©e Ă  ne jamais m’intĂ©resser de trop prĂȘt Ă  un footeux. J’ai toujours eu une mauvaise image de ce sport et surtout, surtout de ses adeptes. Et le comble, c’est qu’alors que je m’Ă©tais promis que ça n’arriverait plus, non seulement je vis en couple, mais en plus, Amour adore le foot…

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